BIOGRAPHIE | Chaos Clan

BIOGRAPHIE

« Pour soulever un poids si lourd,
Sisyphe, il faudrait ton courage !
Bien qu’on ait du cœur à l’ouvrage,
L’Art est long et le Temps est court.

Loin des sépultures célèbres,
Vers un cimetière isolé,
Mon cœur, comme un tambour voilé,
Va battant des marches funèbres.

- Maint joyau dort enseveli
Dans les ténèbres et l’oubli,
Bien loin des pioches et des sondes ;

Mainte fleur épanche à regret
Son parfum doux comme un secret
Dans les solitudes profondes. »

Le Guignon, extrait de « Les Fleurs Du Mal » par Charles Baudelaire

 

« Je ne ferai pas la couv’ de la presse H.I.P H.O.P, mon R.A.P la misanthropie en H.P a chopé. »

Si tout était lisse, extrait de « Pensée Chaotique » par Fayce le Virus.

 

N’êtes-vous jamais tombé sur la tête en écoutant un de ces obscurs enregistrements d’une formation musicale totalement inconnue au bataillon et ne vous êtes-vous jamais demandé pour quelles raisons ce groupe culte n’a jamais été tout en haut de l’Affiche©, ni même reconnu à défaut d’être connu…

 

De mon vivant, je n’ai connu cet état second que deux fois :

 

-La première fois c’était au tout début des années 1990. Internet n’existait pas encore, c’était le règne du D.I.Y (Do It Yourself) et du système D comme Débrouillardise. Un véritable parcours du combattant pour la diffusion et la promotion des musiques 100% indépendantes : pas de blogs, de webzines, de webradios, de Myspace, de Facebook, de Youtube, d’Ebay, de téléchargement légal ou illégal, rien ne tombait dans votre bouche ou dans vos oreilles de manière prédigérée comme c’est le cas de nos jours….

 

Il fallait être un véritable passionné doublé d’un guerrier pour être dans le circuit underground de l’époque : les émissions de radio libres pour la promotion et la diffusion de votre musique, les aller-retour 6 fois par semaine à la Poste avec les fameux IRCs (International Reply Coupons) qui étaient la monnaie d’échange pour communiquer entre passionnés parfois fauchés, les mois d’attente voire plus quand c’était en Amérique du sud pour recevoir t-shirts, cassettes démo ou lives pirates souvent inaudibles mais pourtant tellement cultes, etc…

 

A cette époque j’étais un jeune tape trader, en français un échangeur de cassettes démo et live de groupes musicaux, noyé dans la masse des fondus de métal 100% underground et ce fut une véritable révélation quand je jetais pour la première fois une oreille sur le groupe Texan de Thrash Métal Gammacide. Le célèbre journaliste français Louis Bourgade avait même rédigé un petit article sur eux dans le numéro 24 de Metal Hammer de Novembre 1990 tant ce groupe inconnu suscitait la curiosité chez les initiés, un extrait : « Ne vous est-il jamais arrivé, à l’écoute du disque de tel ou tel groupe, de vous demander pourquoi ce dernier n’avait pas déjà bénéficié du soutien confortable d’une major notoire ? Les Texans de Gammacide, à l’aube des jours heureux, se contentent de riffer dans l’ombre des plus grands… » La messe noire était dite !!! Un groupe plus efficace rythmiquement que Slayer et Dark Angel réunis, des riffs encore plus acérés que ceux de Vio-lence ou de Forbidden Evil, que demander de plus ?

                                          

-La deuxième fois que j’ai connu cet état second, c’était à la fin de ces mêmes années 1990 toujours par l’intermédiaire du tape trading et de mon ami DJ Ophax, tape trader métal dans un premier temps avec ses compilations Disinterment puis Hip Hop par la suite avec ses mixtapes Anaconda Productions. Il m’avait copié sur K7 BASF FERRO EXTRA I une maquette 5 titres estampillée « Chaos Clan et La Satire (sic) ». Quelle révélation (anti)christique à nouveau !!! Enfin un groupe français, lyonnais de surcroît, qui reprenait le Rap Horrorcore là où le trio Arsenik l’avait malheureusement abandonné après leur cultissime « l’Enfer remonte à la surface » qui ouvrait si bien ce bal diabolique au clair de lune qu’était la compilation « Hostile » et avec la sortie tant attendue de leur décevant premier album « Quelques gouttes suffisent » aux productions bien moins sombres quoique parfois de qualité.

 

Fanatique de Rap hardcore tout comme moi depuis les premiers NTM et ASSASSIN, ce DJ Ophax habitait sur le plateau de la Croix Rousse, et traînait souvent avec son voisin de la rue de Cuire, Don Méta lui aussi grand fan de l’Académie Mythique et du Suprême. C’était lors d’une soirée du jour de l’an bien arrosée que Don Méta allait faire la connaissance de Lexor 6T et qu’ils allaient fonder ce qui s’appelait encore à l’époque le Chaos Posse. Lexor, fondateur et leader du groupe amenait les thèmes des morceaux ainsi que toutes les productions enregistrées sur un petit 4 pistes Fostex .

Lexor était également intervenant musique/producteur à la MJC Vénissieux de 1995 à 2001. Il jouait déjà un rôle assez important dans le milieu du Hip Hop lyonnais underground en produisant à l’époque des sons pour d’autres groupes comme notamment le Double N de Maréchal ou la compilation « 1er rugissements », etc…

  

Il faut savoir également que des beatmakers reconnus sur notre beau territoire et au-delà, comme Tcheep ou Bonetrips des Gourmets, avaient fait leurs premières armes sous l’aile protectrice du L.E.X.O.R à Vénissieux.

De 1995 à 1997 de nombreux morceaux hélas jamais maquettés virent le jour : « Conspiration », « Abel et Caïn », « Homme de Magnon-Kro », « Une ombre se répand sur le pera », « L’angoisse prend place », « Cavale », « 69 Guérilla », etc…

 

C’était en 1997 que Don Méta faisait la connaissance au petit parc de la croix Rousse du très jeune Fayce le Virus alors membre d’un groupe de rap metal fusion et auteur de morceaux comme « Vices, sévices et avarices », « Mode racaille », et l’invitait à rejoindre le Chaos Posse devenant alors le Chaos Clan. Grâce à Lexor, ils enregistraient leur première maquette à la MJC de Vénissieux : « Larmes de caïman » et « C.C. » C’était ensuite en 1998 que Cervantes rejoignait le Clan par le biais également de Don Méta. A cette époque, ils décidaient de scinder le Clan en deux entités avec d’un côté la S.A.T.Y.R regroupant Lexor et Don Méta, et de l’autre R.D.S (Race Des Seigneurs) regroupant Fayce le Virus et Cervantes afin de multiplier les morceaux mais cette mini séparation ne durerait pas plus d’une année, et ne verrait que peu de morceaux spécifiques écrits à part la Race des Seigneurs.

 

Ils avaient enregistré plusieurs maquettes à cette époque : leur deuxième maquette était une 2 titres dans le home studio de Max Chavagne fin 1998 avec « Les Merveilles d’Alice » et « Systématiquement ». La troisième, un seul titre, le morceau « Fait d’hiver » enregistré chez DDD, le DJ de Color scratchant sur ce morceau, c’était d’ailleurs le seul morceau scratché de cette époque, puis la quatrième maquette fin 99 chez Romano à Villefranche avec « R.D.S (Race des Seigneurs) », « Paranoïaque (W.W.C) », le tube des scarlas lyonnais de l’époque « Samedi soir sur terre », et le meilleur morceau de horrorcore français depuis « l’Enfer remonte à la surface » d’Arsenik et « En attendant nos funérailles » de La Malédiction Du Nord : « Le Dernier Testament ». C’était à peu près à cette époque-là également que Don Méta quittait le groupe qui continuait alors sous la forme de trio avec une dernière maquette en 2000 enregistrée chez Théo à Tassin-La-Demi-Lune avec les titres suivants : « Chaos Clan Représente le 69″, « Le Bien et le Mal », le très drôle et Woody Allenien « Spermatozoïde » et l’épique « Gotham sur Rhône » souvent copié dans le 69 mais jamais égalé…

 

C’était également cette année-là que Cervantes faisait ses premières armes en tant que beatmaker avec le morceau « Nique leur vision du monde » enregistré à son futur studio, signe du destin, le Gramophone.

L’année 2001 était l’année de tous les bouleversements dans notre petit monde : Lexor pressé par des obligations familiales et personnelles décidait de revendre son mythique sampler Akai S2000 ainsi que tout son matériel d’enregistrement, et de passer le flambeau à Cervantes qui produirait alors tous les sons du groupe sur sa MPC Akai 2000 XL et sa groovebox Roland MC-505 pour le maxi « Loin de de l’Éden » sorti en 2002.

 

Ce maxi eut un écho national notamment grâce au percutant et pertinent clip parodique « Loft Bordel » réalisé par Florent Hubert de Saint Albin et une campagne de promotion choc avec des stickers Loft Bordel disséminés de partout en France.

D’ailleurs pour la petite anecdote le clip estampillé TV W9 avait été envoyé à la chaîne M6 pour être diffusé, sans réponses. Pourtant des années plus tard M6 pondait la chaîne TV W9 en pillant sans vergogne leur idée et leur logo pourtant déposés, mais ça c’est une autre histoire…

Après plusieurs tentatives de reformation toutes avortées c’est en 2011 avec l’arrivée officielle d’Héron Pilon, ex-SLK, groupe qui partageait souvent l’affiche sur scène et en répétition avec les « diques-sa du clan oska », que le Clan ressurgit du Chaos avec des nombreux projets pré/post (rayez la mention inutile) apocalyptique en gestation pour 2012 !!!

 

Êtes-vous vraiment « parés pour le Chaos » ?

 

 

Post Cryptum : Biographie rédigée par K.R Apollyon et extraite du livret de « Démonologie : 1995-2001″

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